Faire son établi, ou comment faire des établis en bois, la Varlope va prendre son temps pour vous aider à le réaliser . Avant tout , la Varlope vous parlera des diverses parties composant l’établi ainsi que de ses accessoires. N’oubliez pas à la fin de cet article il y a les plans…..

 

L’établi

C’est une table fortement constituée par un dessus très épais (10 cm environ), lequel est fixé sur un bâti très rigide formé de quatre pieds, solidement entretoisés par des traverses. Le dessous forme caisson pour recevoir les outils de corroyage. Ses dimensions sont approximativement les suivantes : lon­gueur : 2 à 2,50 m; largeur : 0,50 m; hauteur : 0,80 m.
L’essence la plus employée pour sa fabrication est le hêtre, le chêne donnant des échardes. Il faut utiliser pour le dessus des plateaux de coeur en bois très sec. Il est indispensable d’avoir un dessus d’établi parfaitement dressé et propre pour faciliter l’exécution d’un travail précis et soigné.

établis

 

La hauteur d’un etabli doit permettre un travail aisé. Elle dépend de la taille de l’ouvrier et du genre de pieces à façonner. Pour placer un etabli à la hauteur desirée, on dispose des cales sous les pieds de I’etabli.D’une maniere generale, la distance entre l’etabli et le coude de l’ouvrier est d’environ 250 mm.

hauteur coude etabli

 

La surface et les presses de l’établi doivent toujours être tenues propres.Il ne faut jamais percer, mortaiser ou scier sur un établi sans y placer des cales de protection. Il ne faut pas s’asseoir ou taper sur la presse de l’établi. Ne jamais serrer des pièces metalliques sans cales de protection. Ne pas trop serrer les presses et les entretenir périodiquement. Des cales de differentes epaisseurs permettent de donner à l’établi la hauteur désirée.

cale sous etabli

 

L’outillage individuel se place quelquefois dans un râtelier fixé sur la table, du côté opposé à l’ouvrier. Il est préférable de le ranger dans un placard qui est à prévoir au-dessous de la table.
La fixation du bois est obtenue :

1° par la griffe;
2° par le valet;
3° par la presse;
4° par la servante d’atelier.

La griffe

La griffe est un prisme à base carrée de 5 centimètres de côté, portant quatre à six pointes (dessin ci-dessous à gauche). Elle s’engage à frot­tement dur dans une mortaise du plateau. Elle peut être aussi formée de deux coins (dessin ci-dessous à droite) , ce qui permet un rattrapage du jeu provenant de l’usure due à de nombreuses manipulations.

griffes

Le valet

Le valet (dont nous avons trois types ci dessous)) est un fer coudé dont l’une des extrémités est repliée en patte. Il serre une pièce en un point quelcon­que de l’établi par coincement dans un trou cylindrique de la table. Plusieurs trous sont percés pour faciliter le travail.
La flèche du premier valet de gauche indique dans quel sens le maillet doit frapper pour obtenir le serrage ou le desserrage.
Il existe un valet à serrage instantané par came (au centre du dessin ci-dessous) ou excentrique (à droite ci-dessous). Très pratique, il n’exige pas l’emploi du maillet pour la mise en service. A l’usage, les trous du valet s’ovalisent et se polissent, le frottement diminue et le serrage n’est plus possible. deux solutions sont à adopter: boucher les trous ovalisés et en percer d’autres ou interposer aux points de ser­rage, entre le valet et l’établi, de la craie ou du blanc de Meudon.

valet

La presse

La presse est une mâchoire mobile, en hêtre, fixée sur le pied avant de l’établi, du côté de la griffe (cf dessin de l’établi). Avec l’établi, elle constitue un étau. Le serrage s’effectue au moyen d’une vis métallique à filet carré ou trapézoïdal. Pour obte­nir un bon serrage, il faut que le mors mobile se déplace parallèlement au mors fixe constitué par l’établi. Une posi­tion oblique donnerait un serrage sur arête et aurait de plus l’inconvénient de déformer la vis.
Pour réaliser le parallélisme des deux mors, l’écartement de la mâchoire mobile est réglé par différents dispositifs :
a) crémaillère et cliquet (ci dessous à gauche);
b) tige carrée ou ronde percée de trous et broche d’arrêt (ci dessous au centre);
c) un X formé de deux tiges dont l’une des extrémités est fixe, l’autre se déplaçant dans une rainure (ci dessous à droite).

presse

Il existe aussi des presses métalliques à serrage rapide (dessin ci-dessous), faciles à adapter sur tout établi. Elles ont le grand avantage de serrer toujours parallèlement et de permettre de passer rapidement d’une pièce mince à une pièce épaisse. On ne saurait trop les recommander. Leur prix d’achat est plus élevé, mais les gains, dus à l’économie de temps qu’elles permettent, compensent très vite la dépense supplémentaire d’achat.

presse

Il existe enfin la presse arrière qui est constituée par deux mors, l’un fixé dans la table, l’autre rendu mobile par un système vis et écrou (dessin ci-dessous). Différents trous sont percés sur la table de l’établi et permettent le déplacement du mors fixe suivant les dimensions des pièces à serrer. Elle est utilisée pour les collages, replanissages, etc.. Le mors fixe peut se loger dans un trou cylindrique si telle est sa forme ou un trou carré (cf article Comment faire un trou carré de la catégorie astuce)

 

 


 

 

La Servante d’atelier

La servante d’atelier est bien décrite dans l’article suivant et ressemble à ceci

servante

L’ établi qui vous est proposé fait 900 mm de hauteur pour une largeur de 550 mm et une longueur de 2600 mm

 

Le plateau A

 

 

Il est composé de 4 madriers AA rabotés, assemblés par des fausses languettes AB. Le montage encollé, mis sous presse à au préalable été serré par trois tiges filetées passant dans un alésage de 14 mm. Si l’avant de ces alésages est rebouché (chevilles), l’arrière restera accessible pour un démontage ou un resserrage. Des alaises AD se trouvent aux extrémités et sont liées aux languettes AE, le tout maintenu par des tire-fond AF noyés dans l’alaise par une cheville.

Une ouverture de 250×20 mm sera réalisée sur le madrier le plus proche de l’opérateur et recevra la griffe à vis C

Finition : Séchage, rabotage et ponçage. Le bois sera traité au fongicide, colorant ou non

 

 

 

Les pieds B :

 

 

Quatre pieds BA dont on n’oubliera pas la longueur du tenon. Ces pieds reçoivent des traverses BB (par tenon mortaise), les traverses basses BB sont rainurées pour recevoir le plateau BD. Quatre longerons BC s’assemblent aux pied BB. Les longerons bas BC sont rainurés pour recevoir ce même plateau BD. Ce plateau est fait de deux planches bouvetées réduites à leurs extrémités pour coulisser dans traverses et longerons. Pas de colle pour les assemblages. Les traverses supérieures BB sont fixées par tire-fond BE au travers des pieds.

 

 

La griffe à vis C :

 

 

Un dessin valant mieux qu’un long discours , la Varlope vous communique les désignations des divres composants de cette griffe

– CA vis d’établi débarrassée de sa tête , son extrémité est limée en carré pour recevoir une manivelle de votre choix.
– CB manivelle
– CD équerre percée au diamètre de CA
– CE bague soudée sur fer plat CF de 30mm, CE coulisse dans CA.
– CH, CI et CG composent la griffe , CG est l’écrou qu’il faudra trouver pour CA. La griffe se déplacera entre CD et CE.

La griffe et son système d’entrainement seront à positionner sous le plateau et coulissera dans l’ouverture prévue à cet effet .

 

 

 

Une presse parallèle D :

 

 

– DA presse faite dans une piece de hetre de 150x90mm. Elle sera fixée à DB . Elle sera aussi percée d’un trou carré pour recevoir une griffe fixe .
– DB plaque d’acier percée de trois trous et visée sur DA
– DC 2 coulisses en acier de diam 25 mm solidaires de DA
– DD vis et sa rondelle , traversant DA par un diam de 35mm et pénétrant un écrou DJ soudé sur plats DG et DH.
– DE bague goupillée retenant axialement DD
– DF fourreau carré (ou 2 cornières de 30mm soudées et ajustées)
-DG trois fers plats supérieurs maintenant les fourreaux DF.
– DH trois fers plats inférieurs maintenant les fourreaux DF et soudés à l’écrou de vis DJ

L’ensemble sera à positionner sous le plateau par six tire-fond DI

 

 

Artifices de serrage :

 

 

a) Un des 4 madriers (le 3ème) possèdera une rainure ouverte sur sa face inférieure (face au plateau BD) . Ceci pourra servir d’appui à divers serre-joint . Cette rainure est à 330 mm du bord du premier madrier.

b) Des trous carrés de 14x14mm seront pratiqués sur le plateau A en se référant à l’article de la Varlope (Catégorie astuce). Ces trous servant à recevoir des griffes fixes dans l’alignement de la griffe à vis qui elle est mobile par définition.

Un valet s’engagera dans un trou du plateau judicieusement percé.

 

Matériel pour cet établi :

 

– Madrier de hêtre
– tiges filetées de 12 mm
– tire-fond de 140×160
– un valet
– fer plat de 40x4mm et 30x5mm
– cornière de 30x30mm
– acier rond de 25
– une vis d’établi de 30 pour la presse
– une vis d’établi de 25 pour la griffe
– fer carré de 14mm
– deux bagues de 25mm de diamètre int
– goupilles, vis à tête fraisée , fongicide

 

 

Les principaux outils que l’ont retrouve sur l’établi sont :

1° le maillet ;
2° le trusquin ;
3° la pointe à tracer;
4° l’équerre;
5° le compas;
6° le rabot ;
7) le réglet.

Le maillet

C’est un gros marteau en bois dur, charme ou orme ronceux (dont les éléments sont enche­vêtrés). Il sert à frapper sur le valet et sur tous les outils dont le manche est en bois (dessin ci-dessous).

maillet

Le trusquin

Instrument inventé au 17ème siècle par Jean Papillon, issu d’une famille normande de graveur sur bois. Cet outil permet de tracer des traits parallèles à une face ou à un champ déjà dressés. On le construit en bois dur (chêne, cormier).
Il comprend (dessin ci dessous) une tige carrée sur laquelle coulisse un plateau qui peut être fixé dans une position déterminée par une clef. A l’une des extrémités de la tige on trouve la pointe traçante affûtée à la lime. Si le trusquin porte deux pointes, il est appelé trusquin d’assemblage. La distance des pointes est égale à l’épaisseur de la mortaise et du tenon.
On construit également le trusquin à pointe mobile et le trusquin à tige ronde, à serrage par vis, pour tracer sur champ les bois chantournés.

trusquin