Un dicton en fait l’ennemi des jardiniers :

 

Ombre de marronnier,

Chagrin des jardiniers,

Le jardin est décimé,

Inutile de semer.

 

 

 

Étymologie :

« marronnier » est tiré du mot  « mar« , qui signifie « caillou » et fait allusion au fruit en forme de caillou.
Selon wikipedia , vient de marron, avec le suffixe « -ier » des arbres à fruit.

Origine :

il appartient à un groupe de plantes reliques du Tertiaire (comme le noyer et le châtaignier) . D’ Asie mineure, il ne vient pas d’Inde, contrairement à ce que laisse entendre son nom. Il a survécu à la glaciation dans les forêts humides des Balkans (Bulgarie, Albanie, Nord de la Grèce). L’usage voulait qu’on attribua à l’Inde ce qui était nouveau ou importé par les navires de la Compagnie des Indes, comme le rosier du Bengale (ramené de Chine), l’oeillet d’Inde (qui pousse au Mexique), ou le lilas des Indes (lui aussi originaire de Chine). L’histoire dit qu’un plant de Marronnier a été introduit à Constantinople en 1557. Comme il est de bon ton de faire des cadeaux exotiques, l’ambassadeur du Saint-Empire auprès de la Porte Ottomane offre un marron prêt à germer à Charles de l’Écluse, ambassadeur à Vienne, en 1576. Enfin, le Marronnier arrive à Paris, en 1612, et il revient au botaniste Bachelier de le planter dans la cour de l’hôtel de Soubise (d’autres histographes indiquent le domaine des Templiers). Des découvertes récentes ont révélé des pollens plus anciens en France.

 

marronnier

marronnier2013-05-08_15-32  (Copier)

Racines :

La racine se présente ordinairement comme la prolongation souterraine de la partie qui est à la base de la tige.

Dès la germination, on peut observer dans le prolongement de la tige, une racine principale. De cette racine se détachent des racines secondaires etc. Aux ramifications les plus fines on donne le nom de radicelles.

Sur la racine principale et ses ramifications on constate souvent une coiffe, sorte de capuchon recouvrant le point végétatif de la racine, mais le marronnier (Hippocastanacées), la châtaigne d’eau (Œnothéracées) en sont dépourvus.

Si l’on coupe un arbuste, par exemple un pied de marronnier , à la base de la tige, la partie laissée en terre émet un liquide sous une certaine pression, la poussée radiculaire , dont les valeurs sont considérables :  

– marronnier : 9 bars
– vigne : 1,25 bar ;
– bouleau : de 2 à 2,5 bars ;

 

Présentation :

Arbre d’ornement, l’espèce la plus connue des marronniers est  le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum), il est remarquable à son port arrondi et à sa taille imposante dans les parcs principalement. Il s’orne au printemps de nombreuses grandes fleurs en panicules dressés blancs. De grandes feuilles vert foncé mat découpées en 5 à 7 folioles dentés se teintent de jaune d’or à l’automne. On note aussi de gros fruits appelés marrons, mais ils sont non comestibles à l’automne. Le fruit est une capsule épineuse qui ne contient qu’une graine par suite de l’avortement des autres ovules. On en tire un médicament contre les accidents de la circulation veineuse (varices, hémorroïdes, entre autres). Le marron d’Inde, riche en amidon, contient de l’huile, des glucosides (æsculine, fraxine) et des saponines, qui en empêchent la consommation.

 

Rusticité :

zone 6 , cet arbre supporte le froid jusqu’à -23°C.

 

 

Plantation / Taille :

 A la plantation, mélangez votre terre de jardin avec du terreau à hauteur de 50%. Ensuite, vous tassez la zone autour de l’arbre et réalisez une cuvette de plantation que vous conserverez deux ans. Arrosez copieusement votre arbre une à deux fois par semaine pour favoriser la reprise. Vous pouvez utiliser cet arbre en isolé ou en alignement dans les grands espaces.

 

marronnier

Durée de vie :

 200 ans.

 

Taille maximale :

30 m.

 

Tronc :

robuste, droit.

tronc marronnier

Ecorce :

brun-rougeâtre, qui reste longtemps lisse, puis se fissure dans le sens de la longueur et s’écaille et se détache par plaques

 ecorce marronnier

Feuillage :

Caduc. Les feuilles sont opposées, grandes (30-50 cm), munies d’un long pétiole ; palmées, à 5 ou 7 folioles dentelées.

marronnier

feuille marronnier2013-05-08_15-36  (Copier)

Fleurs :

Les marronniers ont des fleurs en mai, de forme particulière appelée thyrse dressée (une forme pyramidale avec un axe sur lequel naissent les pédoncules des fleurs). Les fleurs du Marronnier d’Inde sont en général hermaphrodites. Elles ont une forme de doigt ou de fleur de campanule, et une couleur blanche tachetée de jaune (pour attirer les insectes). Elles changent de couleur, virant au rouge, pour signaler aux insectes quand elles sont pollinisées.

fleur marronnier

 

Fruit :

Le fruit est une capsule (bogue) à paroi épaisse lisse, sauf chez le Marronnier commun (couverte d’aiguillons). Cette capsule contient une graine appelée « marron », riche en amidon et en saponine (qui donne une consistance pâteuse au fruit écrasé) et amère du fait de la présence d’un glucoside, l’argirescine.

marronnier

Utilisations :

– médicinale : du marron, on extrait un principe anti-inflammatoire et un vasoconstricteur qui augmente la résistance des vaisseaux capillaires. On traite les insuffisances veineuses et certains troubles associés (lourdeur et gonflement des jambes, varices, phlébite et hémorroïdes).

– industrie : succédané de savon, colle (présence de saponine dans le marron). L’écorce contient de l’esculine, glucoside fluorescent, qui absorbe les rayons ultraviolets, et entre dans la composition des crèmes solaires.

– alimentation animale : le marron, bien qu’astringent, était donné en nourriture au bétail.

– bois : bois de chauffage médiocre, emballage, marqueterie, boissellerie, sculpture, selon qualité du bois (loupe de marronnier). Le bois blanc est peu utilisé.

– aménagement : planté dans les parcs, squares et écoles, et comme arbre d’alignement. Le marronnier est traditionnellement un arbre d’alignement de rue, de « cours », de « mail », lesquels ont été mis à la mode par Marie de Médicis, à Paris, au XVIIe siècle. Aujourd’hui, on se lasse de cet arbre au feuillage très dense.

– Au dire des anciens : il est conseillé de mettre des marrons dans les placards, comme anti-mites

marronnier

Traditions :

– l’arbre des cours d’école : les marronniers et leurs marrons ont été pour des générations d’enfants le symbole de la cour d’école, pourvoyeurs de jeux, d’histoires et de rêves.

– argot de presse : « marronnier » est un terme couramment utilisé dans les médias. Il désigne un sujet qui revient régulièrement, comme la rentrée scolaire au moment où les feuilles de marronniers commencent à joncher les cours d’école.

 

Maladies :

Depuis les années 2000, le marronnier commun est victime de deux fléaux dévastateurs étendus à l’ensemble de l’Europe : le chancre bactérien et la mineuse du marronnier.

Des nécroses de l’écorce, accompagnées d’écoulements rougeâtres, se sont soudainement multipliées durant la dernière décennie. Une bactérie est responsable de cette pathologie émergente : Pseudomonas syringae pv. aesculi, originaire de l’Himalaya. Le marronnier infecté meure inéluctablement en un à trois ans. On ne connaît pas bien les mécanismes de pénétration de la bactérie mais les études réalisées à ce jour indiquent que les arbres malades se retrouvent surtout dans des zones de pollution urbaine, industrielle ou agricole et fragmentation des écosystèmes et paysages.

De plus, les marronniers touchés par le chancre bactérien ont souvent souffert de stress dû à la plantation en milieu urbain ou aux opérations d’élagage. La base génétique étroite des arbres multipliés en pépinière pourrait aussi être un facteur favorisant la dissémination de la maladie. Bien que les bactéries soient véhiculées par le vent et la pluie, l’homme joue certainement un rôle central dans la propagation de la maladie.

Le second fléau est arrivé de Macédoine, il y a 20 ans. La mineuse du marronnier (Cameraria ohridella) a colonisé rapidement l’ensemble de l’Europe. Responsable du brunissement et de la chute prématurée des feuilles dès le mois de juin, la chenille de ce petit papillon dévore les feuilles de l’intérieur. Elle n’entraîne pas directement la mort de l’arbre mais contribue à son affaiblissement et pourrait faciliter l’infection due au chancre bactérien. Aucun moyen de lutte efficace à grande échelle n’a pu être mis au point à ce jour et des recherches se poursuivent trouver des prédateurs ou des parasites.