Le ber

La campagne, comme autrefois,
Avec le bahut, et le coffre,
Et l’armoire à vitrail, nous offre
Le ber à quenouilles de bois. 

Dans le coeur d’un merisier rouge,
L’aïeul a taillé les morceaux ;
Et la courbe des longs berceaux
Illustre la naïve gouge. 

Que la mère y couche un garçon,
Ou qu’une mioche y respire,
L’orgueil n’y voit que le sourire
Et la vigueur du nourrisson. 

Sur la paille de ce lit fruste,
Les marmots auront un sommeil
Qui, tels l’air pur et le soleil,
Rend plus beau, plus frais, plus robuste. 

Aux angles du salon fermé,
Le mobilier poudreux se fane,
Mais dans l’alcôve paysanne,
Le ber ancien n’a pas chômé. 

Ce qu’il berce avec tant de joie,
Berce et berce, bon an, mal an,
Dans son bâti tout brimbalant,
C’est l’être que le ciel envoie.

 C’est l’enfant de l’humble maison,
Nourri par la terre féconde
Où toute bonne graine abonde,
Et tout fructifie à foison.

 Près du lit funèbre où l’ancêtre,
Le Christ aux doigts, fut exposé,
Au coeur du dernier baptisé,
Le vieux coeur français va renaître. 

Et le toit natal, chaque jour,
Bénit la race triomphante
Dont la suite immortelle enfante
La vertu, la force, l’amour.

Nérée Beauchemin ( Patrie intime)

 

Étymologie :

« Merisier » vient du latin « Amarus cerasus », « cerise amère », mais son nom latin scientifique est Prunus avium. Son nom populaire est guignier et le fruit, la guigne.

Présentation :

La meilleure façon de reconnaître un merisier est d’observer les feuilles, deux petites glandes rouges doivent être présentes à la base de chacune d’elles.
Le merisier ou cerisier des oiseaux (Prunus avium) est un arbre appartenant au genre Prunus . Il est parfois appelé cerisier sauvage ou cerisier des bois.
Le Prunus cerasus quant à lui est un petit arbre, dépassant rarement 8 mètres de haut, à la différence du merisier qui peut atteindre 20 mètres. Il drageonne facilement. À l’état sauvage, c’est un arbrisseau très drageonnant, formant des buissons dans les haies et sur les talus[1]. Ses branches plus faibles que celles du merisier, sont étalées ou pendantes.Le pétiole de 1-2 cm de long est beaucoup plus court que celui du merisier qui fait 2-7 cm

feuille de merisier

Origine :

Mer Caspienne, répandu en Europe aux temps préhistoriques. Seul arbre de sa famille à ne pas être cultivé, le merisier se répand naturellement dans les forêts. L’ordonnance royale de 1669 met fin à sa prolifération dans les forêts. On lui préfère le chêne, qui est plus utile.

Bois :

merisier de lardy

 

Espèces :

II semble admis que seules deux espèces de Prunus sont à l’origine des variétés cultivées : le merisier (Prunus avium L.), à l’origine des cerises douces regroupées sous les noms de guignes et de bigarreaux et le griottier, ou cerisier acide (Prunus cerasus L.), à l’origine des cerises acides ou acerbes, ainsi que l’hybridation de ces deux espèces et/ou de leurs variétés cultivées. Les guigniers ont des fruits à chair tendre et aqueuse couverte d’une peau adhérente, blanchâtre, rouge ou rouge noirâtre. Leur jus est le plus souvent coloré, plutôt acidulé. Le mot guigne provient probablement de Kign, nom de la merise sauvage en langue celtique. Les bigarreautiers portent des fruits à chair ferme et croquante, très adhérente à la peau, rouge clair (allant même parfois jusqu’au jaune orangé ou rosé) à rouge noir, au dus colore, doux sucre et sans acidité. Le mot bigarreau viendrait de la couleur bigarrée du fruit, en général plus clair d’un côté. Les cerises bigarreaux constituent 90% des ventes de fruits de bouche et la variété « Hâtif Burlat » représente à elle seule 37 % de la production de cerises de table française., Le griottier a donne les cerises acides, griottes a jus coloré et amarelles a jus incolore, toujours de forme arrondie. Le nom griotte est un raccourci d’agriotte, lui même issu du provençal Agriota qui signifie aigre. On pense que divers croisements entre les deux espèces sauvages, ou les variétés cultivées qui en sont issues, ont engendré les variétés dites de cerises anglaises, à chair tendre, acidulée mais très sucrée, mêlant a différents degrés les caractères des deux parents. Cette création variétale semble avoir commencé très tôt et Pline l’Ancien indique que sept variétés de cerisiers étaient connues au 1er siècle de notre ère. On estime aujourd’hui que le nombre de variétés de cerise s’établit autour de 200 mais seule une douzaine d’entre elles représente la quasi totalité de la production actuelle.

Habitat :

Le merisier n’est pas très exigeant en pluviométrie, il craint les gelées printanières, il demande un espace important pour se développer.

Rusticité :

Il ne craint pas du tout le gel (sa rusticité est évaluée à -30°C).

Durée de vie :

120 ans.

Plantation / Taille :

Août-Septembre pour la taille des Merisier des bois.

Taille maximale :

30 mètres.

Ecorce :

rugueuse se détachant par lanières horizontales, luisantes, brun rougeâtre. Comme chez le cerisier, l’écorce du merisier est percée par des lenticelles.L’écorce entre dans la composition du bitter.

 

tronc de merisier

Tronc :

droit et long (différent du cerisier). En forêt, le merisier doit s’élever pour chercher la lumière, d’où son allure élancée.

 tronc merisier

Feuilles :

Caduc. Feuilles (13 cm) alternes, ovales, pendantes, dentées avec 2 glandes à la base du limbe.

feuille de merisier

Fleurs :

en bouquets blancs sur un long pédoncule, en avril-mai.

Fruits :

les merises (ou guignes), à longs pédoncules, noircissent en mûrissant.

merise

Risque de pollen allergisant :

Pollinisation anémophile (Se dit des plantes chez lesquelles la pollinisation est effectuée par le vent), quantité importante de grains de pollen dans l’air. Bonne dispersion.

Légendes et traditions :

Le merisier est considéré comme maléfique : – en Lituanie, on a longtemps pensé que le diable était le gardien du merisier. – les démons de la mythologie germanique se cachent souvent dans des merisiers. – les Albanais brûlent des branches de merisier les nuits du 23 décembre, 1er et 6 janvier pour éliminer les démons qui y sont cachés.
Il ne faut pas non plus oublier l’expression « porter la guigne » qui a tout son sens ici, la guigne etant le fruit réel et la malchance en symbole

Littérature :

Le poème de Nérée Beauchemin (Patrie intime) que vous retrouvez en haut de cette page.

Utilisations :

la merise est consommée en confitures et en eaux de vie (la « griotte » du provençal agriota, « aigre », ou le kirsch en Alsace). La merisette de Grenoble se concocte avec les amandes pilées des noyaux de merises, qu’on parfume avec de la cannelle, des feuilles fraîches de pêcher et des clous de girofle. Son bois est recherché en ébénisterie du fait de sa texture compacte et de sa couleur brune rougeâtre qu’il acquiert avec le temps. Il faut le laisser sécher 2 à 3 ans, avec son écorce, ou le passer en étuve (séchage artificiel). Il peut ressembler à l’acajou après un traitement spécifique. On en fait des chaises, des articles de lutherie et de tournerie, des pipes à bon marché. Le Prunus avium est un porte greffe pour les cerises et les bigarreaux.

Recettes :

Le merisier, fruitier sauvage de bois, fournit de petites cerises employées surtout en distillerie, pour produire du Kirsch. Mais ces fruits permettent également de confectionner une délicieuse confiture de merise. Ces petits fruits, dont la couleur varie du rouge foncé à noir, peuvent être récoltés entre mi-juillet et mi-août. Bien que comestibles, ils sont peu utilisés en cuisine, car leur saveur amère peut déplaire. Pourtant, on en réalise une excellente confiture de merise et gelée, à condition de choisir des fruits mûrs (se détachant facilement de leur queue) et sains.