meuble boulle

Les bois peuvent présenter des défauts dans leur constitution et des altérations dues à des blessures, à des maladies ou à des insectes qui les désagrègent.

1. DÉFAUTS DES BOIS

 

On nomme « défauts » les anomalies de structure . On distingue les défauts suivants :

1°) les nœuds. Ce sont les attaches des branches au tronc. Les nœuds sains ou vivants, ou adhérents, provenant des branches vives au moment de l’abatage, ne sont pas à proprement parler des défauts. Ceux qui peuvent être considérés comme tels sont les nœuds vicieux qui traversent la planche dans son épaisseur et les nœuds pourris provenant des branches cassées. La cassure ouvre la porte aux moisissures et aux piqûres d’insectes qui détériorent le bois.

2°) Le rebours. Le rebours, ou bois tors, ou fil tors, ou torsion des fibres, est dû à l’action du vent sur l’arbre pendant sa jeunesse. Avec ce défaut, il est difficile d’obtenir des planches de droit fil (fig 1).

3°) La roulure. C’est une fente occasionnée par le décollement de deux couches annuelles successives. Le vent et la gelée en sont les causes les plus fréquentes. La roulure peut affecter toute la circonférence ou une partie seulement (fig 2).

4°) La gélivure (fig 3). Elle constitue un défaut dû à la gelée. Les fentes partent de l’aubier, plus exposé, et se dirigent vers le cœur suivant les rayons médullaires. Elle apparaît extérieurement sous la forme d’une boursouflure qui laisse suinter la sève. Ce grave défaut réduit d’un quart environ le volume du bois utilisable.

5°) La lunure, ou double aubier, ou gèlure, ou aubier entrelardé (fig 4). Elle provient d’une couche d’aubier qui, altérée par un grand froid, ne s’est pas transformée en bois parfait. Le cœur présente ainsi une couronne plus claire qui tranche sur les autres.

6°) La cadranure (fig 5). C’est une maladie de vieillesse affectant le cœur qui se désagrège. Des fentes se produisent allant du centre vers l’extérieur. Ce défaut entraîne le rebut du cœur de l’arbre.


 

7°) Coeur excentré (fig 9)Provenant d’un développement irrégulier de l’arbre (tronc penché sous l’action d’un vent dominant, branches fléchissant sous leur poids). Le bois n’est pas homogène; il y a des zones de «tension» et de « compression » qui peuvent provoquer des déformations importantes. Ces arbres poussent généralement en bordure de forêt.

8°) Fibres torses  Défaut fréquent chez le charme, le chêne et certains fruitiers. Les fibres ne sont pas rectilignes mais poussent en spirale autour du coeur et rendent le débit difficile. Il semble que ce défaut soit héréditaire. L’usinage est malaisé ; les fibres torses réduisent la résistance du bois. Bois de moindre qualité.

9°) Fibres ondulées Elles se caractérisent par des éléments longitudinaux sinueux et sont courantes chez l’érable, le hêtre, l’acajou. Ces bois sont recherchés en ébénisterie pour leur aspect moiré et utilisés en placages. Belle finition, esthétique, surtout placages de bois exotiques.

10°) Contrefil Les fibres sont inclinées dans les deux sens. Ce défaut est fréquent chez les arbres des régions tropicales (acajou, sapelli). Ils sont difficiles à usiner, mais recherchés en ébénisterie pour leur valeur décorative. Gros travail de ponçage.

11°) Broussins et loupes Excroissances rugueuses (broussins) et lisses (loupes). Ils produisent, quand ils sont sains, de magnifiques placages d’ébénisterie (noyer, frêne, orme, bouleau). Les fibres contournent l’excroissance et sont sinueuses. Les broussins et loupes sont à exclure des travaux en massif.

12°) Gui Il est implanté sur l’arbre et détourne la sève à son profit. Les suçoirs puisent la nourriture dans la masse du bois et laissent une multitude de petits trous dans les bois débités (peupliers, arbres fruitiers).La prolifération du gui sur les arbres peut amener l’épuisement complet des sujets. Bois peu esthétique, mais rien n’est enlevé à sa résistance mécanique.

 

2. ALTÉRATIONS DES BOIS

 

On nomme « altérations » les anomalies qui modifient la composition chimique du bois.

 

Blessures :

 

Des chocs, des frottements peuvent affecter les arbres. Si les blessures sont profondes, elles intéressent l’aubier. Ce tissu vivant se défend par la formation d’un tissu cicatriciel (fig. 10). Les blessures peuvent provenir aussi de l’enfonce­ment de clous, de pointes, etc… Dans tous les cas elles diminuent la valeur marchande du bois. La cicatrisation quand elle se fait, laisse toujours des traces dans la masse du bois. Si elle ne se fait pas , la plaie suinte et s’infecte (champignons) et un « chancre » se forme.

 

 

Autres altérations :

 1°) Les colorations anormales Altération physiologique se manifestant par une coloration anormale du bois par fait

2°) Coeur noir du frêne La cause n’en est pas encore connue. Le bois altéré a perdu une partie de sa résistance et son aspect est peu agréable à l’oeil.

3°) Coeur rouge du hêtre Il provient de I’action d’un champignon et modifie les propriétés mécaniques du bois. Le bois ainsi ahéré n’est acceptable que pour la menuiserie commune.

4°) Coeur foncé du sapin Cause inconnue, mais ne modifie pas les propriétés techniques du bois, qui peut être normalement utilisé.En principe il faut toujours éliminer le coeur car c’est la partie qui fait travailler le bois, même relativement sec.

5°) Bleuissement Le bleuissement se produit chez les pins et peupliers fraîchement coupés. Les bois bleuis sont acceptables en menuiserie courante. L’esthétique est dépréciée mais le bleuissement n’a pas de répercussion sur les propriétés mécaniques. 

6°) Veines résineusesElles sont particulières aux pins maritimes et à certains bois exotiques. Peuvent nuire à la présentation des ouvrages. Ce bois n’accepte aucun traitement; l’esthétique laisse à désirer.

 

Maladies des bois.

Elles ont pour cause le développement de champignons lignicoles ou un changement dans la composition chimique du bois
Les maladies provoquées par les champignons sont nom­breuses. Les plus fréquentes sont la pourriture, l’ échauffure et le bleuissement.
La pourriture sèche est due à un champignon se développant dans un milieu humide. Elle peut se produire dans le bois sur pied, abattu ou mis en œuvre. C’est une grave alté­ration qui rend le bois inutilisable.
L’ échauffure se manifeste après abatage par un changement de couleur. Elle est moins grave que la pourriture. On dit que le bois est échauffé ou passé. Le bleuissement ou bois bleuté est une échauffure de l’aubier des résineux, du pin principalement. Les propriétés du bois sont peu modifiées par cette altération et il n’y a pas lieu de l’écarter, sauf pour des raisons d’esthétique.
Un changement de la composition chimique du bois est indiqué par une coloration anormale. C’est le cas du cœur rouge du hêtre et du chêne, du cœur noir du frêne. Cette maladie diminue les possibilités d’ emploi des bois atteints.


Attaque par des insectes.

Les bois sur pied sont attaqués par un grand nombre d’in­sectes. Citons la saperde chagrinée vivant sur le peuplier, le cossus gâte-bois ravageant l’orme, le chêne, le saule, le peu­plier et le platane, le scolyte s’attaquant surtout a l’orme et le grand capricorne au chêne.
Ces insectes, dits xylophages, pondent sur les arbres dans les fissures de l’écorce. Leurs larves, appelées vulgairement vers, vivent sur l’arbre pendant plusieurs années en creusant des galeries. De ces trous s’échappe une poudre fine appelée vermoulure.
Les bois abattus sont attaques par les larves du lymexilon. Celles du lycte rongent les bois non résineux, celles du sirex les résineux. Les bois mis en œuvre sont attaqués par la vril­lette et par les termites ou fourmis blanches.


CONCLUSION.

L’étude des vices des bois est utile pour se faire une opi­nion sur leur qualité. Pour apprécier un arbre sur pied, on observera son écorce. Si l’arbre est sain, elle est régulière, exempte de champignons, de fentes indiquant les gélivures. A ce sujet, signalons que si la gélivure est peu prononcée, elle peut être arrêtée par une forte branche. La roulure est décelée par la percussion. Sous le choc du marteau un arbre sain rend un son clair. On peut aussi avoir recours, avec l’autorisation du propriétaire, au sondage de l’arbre. Ce der­nier est perce avec une vrille. Le bois enlevé indique si l’arbre est sain ou pourri Si de l’eau s’échappe, le bois est roulé ou gelé. Disons cependant que le sondage blesse l’arbre et n’est pas a recommander. Si le bois est débité, ]’observation des fibres, la régularité, la ténacité et l ‘odeur des copeaux sont des indices importants. Mais pour juger avec autorité dans ce domaine, une grande expérience est nécessaire.