Au passage profitons en pour remonter le temps 
L’art de la menuiserie remonte à la plus haute antiquité. D’après Vitruve, les Romains recouraient à l’art de la menuiserie, appelée alors « opus intestinum (ouvrages d’intérieur) »  pour diviser, aménager, agrémenter leurs demeures.

L’intestinorius   – nom donné ou menuisier de l’époque –   employait pour l’exécution de ses travaux : le chêne, le sapin, l’orme, le cèdre. Au moyen âge, les ouvriers travaillant le bois se nommaient charpentiers de grande cognée ou de petite cognée suivant qu’ils faisaient de gros travaux de charpente ou de menus ouvrages. Suivant  les régions, ils prirent des noms différents, c’est ainsi qu’ils s’appelaient : huissiers, huchiers, escriniers, coffriers, fustiers, lambrisseurs.
A cette époque, chaque atelier se composait d’un maître, de valets ou ouvriers et d’ apprentis. Chacun vivait dans le cadre familial du maître. L’ouvrier se louait pour un temps déterminé.
Au milieu du XIII » siècle, Etienne Boyleaux, résumant les us et coutumes établis dans les professions, publia les  » Statuts des Corporations » . Ces statuts fixaient les conditions de travail dans chaque métier (le livre numérique existe sur internet au lien suivant  ( http://books.google.fr/books?id=BakUAAAAQAAJ&pg=PA469&dq=Statuts+des+Corporations+
boyleaux&hl=fr&sa=X&ei=CdBHT9eZKJLt8QOh6vW5Dg&ved=0CEEQ6AEwAA#v=onepage&q&f=false.)
La corporotion des charpentiers était régie par un maître de métiers nommé par le roi, ayant fonction de délégué royal, par des gardes, jurés désignés par le suffrage des maîtres et des ouvriers réunis sous la présidence du grand maître des métiers et du prévôt des marchands qui approuvaient leur choix. Ces gardiens ou jurés prud’hommes, élus, prêtaient serment sur les saints Évangiles. Leurs  jurandes consistaient à surveiller les ateliers, à assurer l’obéissance aux lois et à sauvegarder les intérêts de la corporation.
En 1371 il fallait présenter « un chef d’oeuvre » pour accéder à la maîtrise et non plus la nomination par les maîtres et ouvriers de la profession.
En 1382 s’appelleraient menuisiers  les ouvriers travaillant de menus objets. 
En 1645 les ouvriers menuisiers purent être appelés serviteurs ou compagnons menuisiers.
Au fil des ans, les Devoirs (associations secrètes d’ouvriers) connues sous le nom de Compagnonnage se formèrent .
Amies ou pas , tout fut rassemblé sous le nom de  » Les compagnons du tour de France »
La Varlope  dans cet article tenait à rendre hommage à un ouvrier du bois : DUBOIS Joseph Jerôme âgé de 15 ans et demi lorsqu’en 1899 il dû remplir son livret d’ouvrier. La loi du 22 juin 1854 obligeait hommes et femmes à se munir de ce livret .

livret douvrier

 

Ci dessous l’intégralité des articles de ce livret , y compris la loi qui modifie l’arrêté du 9 frimaire an XII.

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Son département est l’Indre et Loire et la ville est ABILLY  , Monsieur DUBOIS est menuisier


Monsieur DUBOIS est né à Neuilly le Brignon, il a 15 ans et demi quand en tant qu’apprenti l’adjoint au Maire d’Abilly rempli ses premiers feuillets.

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Il va ensuite être :

– Ouvrier menuisier du 27 mars 1899 au 23 juin 1900
– du 27 juin 1900 au 4 déc 1900 DRANCY
– 10 DEC 1900 au 06 AVRIL 1901
– ouvrier menuisier ebeniste du 12 avril 1901 26 jan 1902 ST mathurin
– 27 janv 1902 au 23 avril 1902 Beaufort (Mr Queret)
– 5 mai au 23 juin 1902 Moreilles (Mr Lalere eugene)
– 26 juillet au 12 avril 1903 Medrac-Moulis (J.Delmas)
– 23 avril 1903 au 23 juin 1903 Biganos en Gironde (J.Gabin)
– 21 juin au 19 sept 1903 Perignas (A.Danjard Fils)

livret d'ouvrierlivret d'ouvrier

 

Nous pouvons constater qu’à cette époque, ce métier permettait de voyager tout en apprenant , et le menuisier pouvait quitter son entreprise libre de tout engagement et travailler dans 9 entreprises durant 5 années.
Après 1903,  La Varlope a perdu la trace de Monsieur DUBOIS . Il ne nous reste que son livret d’ouvrier . Le service militaire l’a certainement contraint à rejoindre les rangs de l’armée. Nous lui rendons hommage, nous les boiseux.